Vinyles Audiophiles: Faut-il franchir le pas?

Weezer - Weezer (Back to Black vs Mobile Fidelity)
Weezer - Weezer (Back to Black vs Mobile Fidelity)

« Est-ce que ça vaut le coup de mettre 40 ou 50€ dans un album? ». Je ne parle pas de coffrets, éditions ultra-limitées, ou originaux devenua collectors, mais de vinyles audiophiles. Où (pour éviter d’être trop snob), de pressages de qualité, généralement à partir des bandes d’origine, et souvent en traitement analogique sur toute la chaine. Si vous achetez régulièrement des galettes noires et hésitez a franchir le pas, voici quelques éléments de réponse.

Vinyles audiophiles, c’est à dire?

Pour commencer, je vous conseille cette interview de M Com’ Musique par Ma Platine (vidéo a l’appui) qui explique bien la chaine de production d’un disque vinyle. À partir de là, on comprend que le but des pressages audiophiles est de minimiser la détérioration qu’amène chaque étape, pour se rapprocher au plus prêt du son studio. Cela passe par exemple par:

  • l’utilisation d’une source originale (bandes master, par opposition – dans le pire des cas – aux vinyles pressés a partir de mp3s ou de CDs, comme chez WaxTime ou DOL);
  • un mastering spécial vinyle (qui doit se différencier de celui d’un CD, en raison des différentes fréquences supportées); ou encore
  • un pressage dans une usine réputé (RTI par exemple), avec un contrôle qualité exemplaire.

Vous avez peut-être déjà senti la différence entre un pressage « Back to Black », et une édition « Music on Vinyl ». Alors, avec des labels comme Mobile Fidelity, Analogue Production, ou encore Speakers Corner (qui, étant Européen, se trouve plus facilement et moins cher), vous aurez accès au graal du vinyle, parfois pressé en double-vinyle 45t (certes, il faut se lever toutes les 10 minutes, mais on évite la saturation en fin de disque).

Un son parfait?

Les prix tournant autour des 40/50€ pour un album, j’ai longtemps hésité. Et puis, après plus de vingt ans d’écoute de vinyles, et mes oreilles bercées par du Punk-Rock ou rien ne vaut un pressage original, j’ai franchi récemment le pas pour quelques vinyles audiophiles Jazz et Classic Rock. En écoutant les pressages Tone Poets de Blue Note, l’édition Mobile Fidelity de Breakfast in America de Supertramp, ou encore Pronounced de Lynyrd Skynyrd chez Analogue Productions, j’ai entendu la différence des l’aiguille posée sur le vinyle: aucun bruit de fond, une meilleure dynamique, des instruments qui vivent plus, etc. Bref, le top 👌

Pour le prix, j’ai trouvé l’investissement plus que rentable du point de vue de l’émotion ressentie. Est-ce que je mettrai plus de 50€? Sans doute pas. Ou plus, a car j’avoue avoir craqué pour la version One Step de Marvin Gaye What’s Going On à plus de 100€ (autant pour l’album, que pour l’effort d’ingénierie derriere ce pressage): superbe son, objet splendide, mais prix prohibitif d’un point de vue purement sonore.

Et l’objet dans tout ça?

En plus de la qualité sonore, ces labels offrent un contrôle qualité quasi sans-faille. Plus de disques voilés ou de rond centraux mal collés. Mine de rien, ce dernier point est bien agréable quand on s’intéresse aussi bien au son qu’à l’objet. Et ici, on est souvent servi: vinyle 180g – et jusqu’à 200g dans certains cas – , pochettes plus solides, parfois tip-on (couverture imprimée sur papier glacé puis collée, à l’opposée d’une impressions directe sur le carton, pour une meilleure qualité), photos haute-définition, etc. Si on compare le re-pressage Back to Black a la version Mobile Fidelity de Weezer, on se rend bien compte de la différence.

Weezer - Weezer (Back to Black vs Mobile Fidelity)
Weezer – Weezer (Back to Black vs Mobile Fidelity)

Ça se trouve où?

Malheureusement, il n’est pas évident de trouver ces pressages chez les disquaires. En ligne, MaPlatine a une bonne selection qui s’étoffe régulièrement, avec une centaine de références actuellement. Pour un choix plus complet, les acheter d’occasion sur Discogs, ou neufs via les labels reste le meilleur moyen, malgré les frais de port depuis les U.S.

En dehors de ces labels, on peut cependant trouver des vinyles audiophiles distribués a plus grande échelle, comme la collection Blue Note Tone Poets dont j’ai fait une vidéo récemment (et disponibles en ligne); ou certaines sorties chez Vinyl Me Please, avec Call Me de Al Green paru il y a quelques mois, ou I Never Loved a Man the Way I Love You d’Aretha Franklin prévu pour Novembre 2019 – à un peu plus de 30€ livraison comprise (pour un abonnement sur trois mois).

Alors: vinyles audiophile, pour ou contre?

Comme vous l’aurez compris, ma réponse a la question d’origine est donc un grand oui. Je n’ai plus trop de scrupules a mettre 40€ pour de bons vinyles audiophiles d’albums que j’affectionne (mais pas pout tout, comme pour des originaux ou des pressages Japonais 70’s/80’s avec leur OBI 😍 ), quitte a abandonner d’autres achats. Si vous avez un matos correct (sans tomber dans l’excès), et que vous appréciez que vos disques sonnent vraiment bien, n’hésitez pas a franchir le pas, et à partager votre expérience dans les commentaires!

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